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Edito

Décembre 2019 

Ouverture de la billetterie des 4èmes Journées Techniques

L'information importante de ce mois de décembre est à retrouver ICI.

Novembre 2019 

Le radon toujours à la une

Le gaz radioactif radon : un enjeu de santé publique en France. L'ASN continue son activité d'information auprès des professionnels et du public, concernant l'exposition au radon. Pour les lieux de travail et les ERP, vous avez vu que nos codes préférés nous imposent quelques actions. Pour les particuliers en revanche, il n'y a pas ces obligations. Mais être exposé à 5000Bq/m3 chez soi est-il meilleur que d'être exposé à 500Bs/m3 sur son lieu de travail ? Non bien sûr !

L'ASN propose donc un paragraphe à destination des maisons et des appartements:
"Les acquéreurs et locataires doivent désormais être informés lors d’une transaction immobilière (location, achat) si le bien immobilier se situe dans une zone à potentiel radon de niveau 3. Le grand public est également informé des risques majeurs dans les zones à potentiel radon de niveau 2 ou 3 via des documents qui peuvent être consultés librement : le Dossier départemental sur les risques majeurs (DDRM) en préfecture et le dossier d'information communale sur les risques majeurs (DICRIM) en mairie."

Reste que les vocables "doivent désormais être informés lors d'une transaction immobilière (achat, location) si le bien immobilier se situe dans une zone à potentiel radon de niveau 3" sont un peu flous. On peut très bien vous le dire sans qu'il n'y ait aucune mesure. Ça sera donc à l'acquéreur d'être attentif, car s'il découvre que l'activité volumique est supérieure notablement au seuil de référence, il devra peut-être effectuer des travaux non prévus lors de la vente du bien !

Les paratonnerres radioactifs

Cette fois-ci c’est l’IRSN qui relance une information sur le recensement des paratonnerres radioactifs.

En trois ans, plus de 3 700 paratonnerres radioactifs ont été signalés par une initiative citoyenne : l’Inventaire national des paratonnerres radioactifs (Inaparad).
Têtes en l’air, yeux à l’affût, appareils photos en bandoulière, plus de 200 « chasseurs volontaires » parcourent la France depuis mars 2011. Citoyens bénévoles, ils contribuent à l’Inventaire national des paratonnerres radioactifs (Inaparad), créé par Jean-Christian Tirat, journaliste et photographe toulousain.
« Aujourd’hui, il n’existe pas de recensement officiel de ces appareils en France », regrette Jean-Christian Tirat. « Cette action collective, privée et non subventionnée, permet de les signaler aux mairies et aux propriétaires, ainsi qu’aux organismes concernés : Autorité de sûreté nucléaire, Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs et IRSN. »

Pour notre part, nous en connaissons quelques uns à Paris (rue Saint-Martin dans un lieu bien connu) et en province (Clermont-Ferrand par exemple).

Côté réglementaire

Parution du décret n°2019-1158 du 8 novembre 2019 : le public concerné est les travailleurs, conseillers en radioprotection et employeurs des entreprises et établissements relevant des mines, des carrières et de leurs dépendances. 
Objet : protection des travailleurs des entreprises et établissements relevant des mines, des carrières et de leurs dépendances en matière de rayonnements ionisants. 
Entrée en vigueur : le décret entre en vigueur le lendemain de sa publication.

Octobre 2019

 

Le nuage de Tchernobyl et l’usine Lubrizol

Voici un texte repris en partie d’un article du quotidien Le Point, avec quelques ajouts cirkusiens (en italique).

C’est où l’on ressort le mythe d'un mensonge des autorités à propos du nuage de Tchernobyl. C’est sans doute la théorie du complot la plus répandue dans la société française. Il s'est pourtant forgé dans la foulée de l'événement, par un concours de circonstances mêlant une communication désastreuse des pouvoirs publics et les manipulations politiques de partis et de mouvements antinucléaires. Et ce mythe a repris une deuxième – voire troisième – jeunesse avec l'usine Lubrizol, à Rouen.

Pour faire simple et résumer les choses :

Lorsque l'accident survient, le 26 avril 1986, l'URSS le cache et l'opacité est totale.

Dans le journal de 13 heures du 29 avril, les Français découvrent le professeur Pellerin, patron du SCPRI, qui expose alors les valeurs mesurées en becquerels en Suède (de l'ordre de 10 Bq/m³, c'est-à-dire très proches de la radioactivité naturelle), et rassure logiquement : « C'est une activité notable, mesurable, mais qui ne présente aucun inconvénient sur le plan de la santé publique.»

Le 30 avril, la météo change et les rumeurs s'amplifient. La Russie diffuse toujours des bribes d'information rassurantes quand d'autres évoquent des centaines de morts.

Dès le 30 avril, un communiqué du SCPRI envoyé à la presse confirme l'arrivée du nuage radioactif : on signale « une légère hausse de la radioactivité atmosphérique sur certaines stations du Sud-Est, non significative pour la santé publique ».

Suivi d'un autre, le lendemain : « Ce jour 1er mai 86, 24 heures, tendance pour l'ensemble des stations du territoire à un alignement de la radioactivité atmosphérique sur le niveau relevé le 30 avril dans le Sud-Est. Il est rappelé que ce niveau est sans aucune incidence sur l'hygiène publique. »

Pour raconter l’histoire vécue de l’intérieur, le nuage est arrivé sur le CEA Saclay le 1er mai à 13 h 50.

Puis la radioactivité s'accroît dans l'Est. Dans le Nord-Est, région la plus touchée, l'activité atteindra 25 Bq/m3. C'est effectivement rassurant : dans certaines maisons, l'exposition naturelle au radon peut atteindre 1 000 Bq/m3 !

La faute des autorités est qu'elles ne donnent pas ces valeurs, se bornant à transmettre des informations laconiques. En clair : les pouvoirs publics indiquent bien que le nuage radioactif a survolé la France et que les niveaux observés sont parfaitement rassurants, mais le public est prié de se contenter de cela.

Ce que l’on peut reprocher au professeur Pellerin, c’est d’avoir été un piètre communiquant (mais ce n’était pas son métier).

Et, de fait, le public s'inquiète. Car au même moment, en Allemagne, juste de l'autre côté de la frontière (où les retombées ont été plus fortes), des mesures restrictives sont prises pour protéger la population, alors qu'en France le SCPRI communique sur les 500 relevés effectués et répète que « l'exposition aux radiations qu'ont subie les Français est inférieure au dixième de l'exposition naturelle annuelle ».

Un journaliste ironise alors : « Tout se passe comme si le nuage s'était arrêté à la frontière... » Le mythe est né.

De mémoire c’était le journal les dernières nouvelles d’Alsace.

Un communiqué particulièrement maladroit, publié le 6 mai par le ministère de l'Agriculture, achève d'exaspérer : « Le territoire français, est-il écrit, en raison de son éloignement, a été totalement épargné par les retombées de radionucléides consécutives à l'accident de Tchernobyl. À aucun moment les hausses observées de radioactivité n'ont posé le moindre problème d'hygiène publique. » On notera l'absurdité de la formulation : si des hausses ont bien été observées, pourquoi dire d'abord le contraire ?

Face à cette communication désastreuse du gouvernement, des voix s'élèvent pour exiger plus de transparence. Les opposants au nucléaire, saisissant l'occasion de dénoncer les dangers de cette technologie et d'exiger son arrêt, accusent les autorités. Et, peu à peu, le ton change dans la presse. De nombreux journaux, qui avaient pourtant publié les informations suivant l'évolution du nuage radioactif sur la France, changent totalement de discours une dizaine de jours plus tard. Le 12 mai, le journal Libération titre « Le mensonge nucléaire ». Il ne sera pas le seul.

Le mythe sera perpétué, ensuite, par la Criirad (Commission de recherche et d'information indépendante sur la radioactivité), créée dans la foulée de l'accident par une poignée de militants écologistes, emmenés par l'actuelle eurodéputée Michèle Rivasi. Mais Pierre Pellerin, attaqué en 2006 pour « tromperie et tromperie aggravée » par la Criirad et l'Association française des malades de la thyroïde (AFMT), sera totalement blanchi, en 2012, par la Cour de cassation.

On constate qu’avec l’incendie de l’usine Lubrizol, les méthodes de communication n’ont guère évolué depuis plus de trente ans ! On peut aussi se poser la question de la publication des résultats de mesures. Pour les polluants dans l’air c’est assez rapide, si on cherche bien.

 

Côté réglementaire

Arrêté du 27 septembre 2019 portant homologation de la décision n°2019-DC-0669 de l’Autorité de sûreté nucléaire du 11 juin 2019 modifiant la décision n°2017-DC-0585 du 14 mars 2017 relative à la formation continue des professionnels à la radioprotection des personnes exposées aux rayonnements ionisants à des fins médicales.

Il abroge l'arrêté du 18 mai 2004 relatif aux programmes de formation portant sur la radioprotection des patients exposés aux rayonnements ionisants.

Septembre 2019


... On a rangé les vacances
Dans des valises en carton
Et c'est triste quand on pense à la saison
Du soleil et des chansons

Mais au Cirkus, il y a toujours du soleil et des animations !
Pour ce mois-ci, il est encore temps de donner votre avis : 

Le grand débat sur le plan national de gestion des déchets radioactifs

Actuellement se déroule le grand débat national sur la gestion des déchets radioactifs. Il devrait se conclure le 25 septembre.
Plusieurs réunions ont eu lieu également en région, et le public est invité à donner son avis sur le site internet du grand débat.
Nous n'étions pas intervenus directement lors de cette première tentative, il y a deux ans maintenant, et nous craignons que la teneur des débats et des propositions soit entaché des mêmes difficultés.
Mais vous pouvez fort bien aller voir ce qui s'y dit !
https://participons.debatpublic.fr/processes/pngmdr

La consultation du public sur l'arrêté qui concernera les activités soumises à enregistrement

Vous pouvez encore vous exprimer jusqu'au 20 septembre sur le projet soumis à consultation du public.
Il s'agit des activités qui seront soumises à enregistrement.

https://www.asn.fr/Reglementer/Participation-du-public/Autres-activites-nucleaires/Participations-du-public-en-cours/Activites-nucleaires-des-domaines-industriels-veterinaires-et-de-recherche-soumises-au-regime-d-enregistrement

Côté réglementaire

Rien à signaler, mais ça ne devrait pas durer...

 

Août 2019

Tritium dans l'eau ! Un coup dans l'eau...

Voici une information qui n'en est pas une, ou comment mettre la panique à peu de frais.

"Plus de 6 millions de personnes boivent de l’eau contaminée !
Selon les données transmises par le Ministère de la Santé et compilées par l’ACRO, sur la période 2016-2017, l’eau potable de 268 communes, représentant 6,4 millions de personnes, est contaminée par le tritium. À de très nombreuses occurrences, les concentrations dépassent le bruit de fond naturel [1], jusqu’à atteindre 31 Becquerels/L en moyenne pour la ville de Châtellerault, en aval de la centrale nucléaire de Civaux."

Cela a fait la une de la presse en ce mois de juillet où les autres activités sont au ralenti.
Vous noterez que l’on ressort des mesures datant de 2016-2017 et qu’on en fait la publication à ce moment-là !
Alors il a fallu aller sur des réseaux sociaux, répondre à des amis qui s’inquiètent que tout ça n’avait pas grand effet, avec démonstration à l’appui.
Expliquer aussi que les installations nucléaires de base ont des autorisations de rejets d’effluents radioactifs et chimiques. Il est donc normal pour les installations du cycle d’avoir du tritium dans l’eau qui se déverse dans les rivières, les fleuves et les mers.
En principe, les exploitants nucléaires sont tenus de faire des mesures autour de leurs installations. Ces mesures doivent d’ailleurs figurer dans le rapport TSN (transparence en matière de sûreté nucléaire) exigible chaque année.
J’ai donc pris des hypothèses très pénalisantes pour faire des calculs d’impact.
Alors imaginons qu’une personne boive 2 litres d’eau du robinet par jour, tous les jours et pendant un an. Imaginons donc que ce coefficient soit trop minimisé selon toutes nos associations citées précédemment.
Prenons un facteur 10 (ce qui est énorme) en plus.
4,2 10-10 Sv/Bq
Partons d’une activité volumique de 50 Bq/L dans l’eau.
L’activité incorporée est égale à :
50 . 2 . 365 = 36 500 Bq
Calculons alors la dose efficace incorporée :
E = 36 500 . 4,2 10-10 = 0,00001533 Sv
Soit 15,33 µSv !
Ce qui représente deux à trois jours d’exposition naturelle, et en prenant un facteur 10 par rapport au coefficient réel !! C’est aussi l’exposition après avoir fumé DEUX cigarettes !
Les spécialistes apprécieront.

 

Canicule et réacteurs

Et après le tritium, il y a eu un questionnement général sur le fait qu’EDF a stoppé les deux réacteurs de Golfech.
Les anti-nucléaires s’en sont donné à cœur joie.
J’ai quand même repris le texte de l’ASN :

Le fonctionnement des réacteurs nucléaires pendant les périodes de canicule est pris en compte dans leur démonstration de sûreté. Les températures considérées sont régulièrement réévaluées, notamment à l’occasion des réexamens périodiques, pour prendre en compte les évolutions climatiques.

Heureusement qu’il y avait un peu d’électricité pour faire tourner les climatiseurs. Le record de consommation électrique estivale a d’ailleurs été battu !

 

Analyse de la réglementation

Notre équipe de clowns met à disposition son analyse du dernier arrêté dosimétrie du 26 juin 2019. Pour la retrouver, c'est par ici.

 

Nouveau document formation sur la gestion du risque radon

Vous pouvez retrouver le dernier document de formation relatif à la gestion du risque radon par ici.

Bonne lecture !

 

 

 

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