Les éditos de Maitre Loyal

Cher(e)s ami(e)s de la radioprotection, nous vous souhaitons la bienvenue sous le chapiteau !

 

Tel Pierrot me revoici avec ma plume, que je ne lâche plus beaucoup en ce moment.

 

Le début d’année a été marqué par la sortie de textes réglementaires importants. J’en citerai au moins deux : le décret 2012-135 qui concerne l’organisation des services de santé au travail et l’arrêté du 7 février 2012 dit « arrêté INB » regroupant en un seul et même texte l’arrêté du 10 août 1984 dit « arrêté qualité » et les arrêtés du 26 novembre et 31 décembre 1999.
Dans le dernier cas, le texte entrera en application l’an prochain.

En ce qui concerne la médecine du travail, cela a donné lieu à des explications de texte suscitant des inquiétudes. Il faut bien pallier le manque de médecins du travail aujourd’hui. Cela va d’ailleurs s’accentuer dans les prochaines années. Mais quelles vont être les organisations qui seront retenues ?
On parle maintenant d’un examen médical annuel pour les personnels classés en catégorie A et un examen médical tous les deux ans pour les personnels classés en catégorie B. J’ai bien dit « examen médical » et pas visite médicale !

Autant dans le domaine nucléaire, je suis pratiquement certain que l’organisation va probablement être maintenue, autant dans les domaines hors nucléaire la question mérite d’être posée.
Le législateur craignait une dérèglementation sur le classement des travailleurs. Le décret sur la médecine du travail va certainement l’obliger à regarder de près cette situation.

 En analysant les bilans dosimétriques de l’IRSN en 2010, on constate que 3000 personnes (sur 300 000 suivies, soit environ 1 %) sont réellement classées en catégorie A (pour les doses efficaces). C’est sur elles qu’il faut porter une attention sans faille (travailleurs du nucléaire exposés, chirurgiens dans le domaine de la radiologie interventionnelle)
On remarque aussi que beaucoup de gens dans le domaine de la radiologie conventionnelle ou chez les dentistes sont en dessous des seuils de détection.

La question est donc : faute de médecins du travail pouvant assurer le suivi des personnels, (en grossissant le trait, une visite médicale tous les 5 ou 8 ans est-ce sérieux ?) ne devrait-on pas déclasser un certain nombre de personnes en catégorie non exposée,…

MAIS MAIS MAIS, pouvoir enregistrer les doses de rayonnements dans une base nationale et acter qu’en cas de pathologie entrant dans le tableau n°6 des maladies professionnelles, celle-ci soit reconnue !
Il me semble que la réglementation devrait prendre en compte cette réalité.

 

Pour l’arrêté INB, il va se poser une question récurrente notamment par rapport à l’article suivant :

Art. 2.2.3. − I. – La surveillance de l’exécution des activités importantes pour la protection réalisées par un intervenant extérieur doit être exercée par l’exploitant, qui ne peut la confier à un prestataire. Toutefois, dans des cas particuliers, il peut se faire assister dans cette surveillance, à condition de conserver les compétences nécessaires pour en assurer la maîtrise. Il s’assure que les organismes qui l’assistent disposent de la compétence, de l’indépendance et de l’impartialité nécessaires pour fournir les services considérés.

C’est vrai que la question de la sous-traitance a été remise sur la table après l’accident nucléaire (c’est est un) de Fukushima. Que la question a été ajoutée in extremis par le haut comité pour la transparence et l’information sur la sécurité nucléaires (HCTISN), qu’elle fait partie des évaluations complémentaires de sûreté, que la DGT, l’ASN, l’ASND mènent des inspections conjointes sur le thème « prestataires – radioprotection » (pas moins de 23 inspecteurs au CEA Cadarache cette semaine).
Le documentaire diffusé par France5 « La Bombe humaine » a mis sur la table de vraies questions, notamment celles des moyens et du temps accordé aux opérations.

Si nous voulons que la sûreté des installations soit parfaitement assurée, nous ne pouvons pas balayer d’un revers de main la composante « facteur humain ». On demande des compétences, des compétences fortes. Encore faut-il que les personnes puissent exercer leur métier en toute sérénité et sans pression (pour un réacteur à eau pressurisée c’est évident, non ?).

Je suis donc dans l’attente de savoir comment va être traduit cet article 2.2.3 chez les exploitants nucléaires.

 

Après cette introduction réglementaire, passons un peu à la vie sous le chapiteau.

 

Nous avons vécu quelques moments délicats sans informaticiens. Heureusement tout s’est bien passé. Mais nous allons devoir renforcer l’équipe qui anime et gère Radioprotection Cirkus. Nous lançons donc un appel aux bonnes volontés, notamment dans le domaine informatique, mais aussi sur la gestion des comptes et puis tout autre coup de main qui serait utile.

Côté formation l’année 2011 s’est soldée par trois actions et nous avons démarré en mars la première de 2012.
Si vous êtes intéressés par un coup de main pour que nous intervenions dans la formation de vos personnels ou autres acteurs, n’hésitez pas à nous contacter.

Côté documents plusieurs sont en attente de publication. Mais comme il y a pas mal de choses à faire l’équipe qui s’en occupe traite les sujets en fonction des priorités.

La fréquentation du site continue à progresser (si, si, encore)
Nous continuons à recevoir des messages d’encouragements et de remerciements de la part d’acteurs de la radioprotection qui trouvent des solutions et nous sommes référencés de plus en plus fréquemment (au niveau de l’Education Nationale maintenant).

Côté association nous avons dépassé les 200 adhérents. Nous vous rappelons, pour ceux qui découvrent le site, que l’adhésion est basée sur un total volontariat (montant de 10 euros).

 

J’avais mentionné dans un précédent édito : Le Cirkus va-t-il pouvoir s’améliorer ? Oui trois fois oui, trois cents fois oui, trois milles fois oui…
Nous sommes sur cette voie. Et pour ceux qui connaissent leurs classiques : « Lao Tseu a dit il faut trouver la voie. Moi je l’ai trouvé. Aussi… »

 

Mesdames, mesdemoiselles et messieurs, cher public, nous en sommes dans notre troisième année. Vous vous sentez hésitant dans vos premiers pas d’artiste ? Rassurez-vous tous les klowns du Cirkus sont là pour vous aider.

Poser une question suffit à entrer sur la piste et surtout, ne vous censurez pas ! Il n’y aura jamais au Cirkus de question « bête » (Balda ! Donne à manger aux éléphants, c’est l’heure). 

 

Vous avez de nombreux trésors à découvrir en tant que spectateur. N’oubliez pas que les réponses aux questions que vous pouvez poser sur le forum sont très probablement sur le site dans les documents. Certains de nos membres inscrits depuis déjà un moment n’en ont pas encore fait le tour. 

Que le spectacle du Radioprotection CirKus continue !

 

Le Maître Loyal du Radiprotection CirKus