Nucléaire et santé
La revue de Presse de Véronique CARCAILLON
Documentation en Radioprotection d'EDF - DPI - Division Production Nucléaire
Comité d'Information des Professions de Santé
16 mai 2012 - no. 165
Voici ce que nous avons retenu pour vous
Vient de paraître
Articles
VAILLANT L, SCHNEIDER T – Evaluation du détriment associé à l’exposition aux faibles doses et faibles débits de dose dans le système de radioprotection. – Environnement, risques et santé, 03-04/2012, 11, 2, 149-159.
Résumé : La question de l’évaluation du risque associé à une exposition aux rayonnements ionisants est l’objet de questions récurrentes, qu’il s’agisse des expositions médicales, des rejets des installations nucléaires, du transport des déchets radioactifs ou encore des conséquences d’un accident nucléaire. Cet article vise à éclairer le lien entre l’exposition et le risque en discutant plus particulièrement les éléments qui sous-tendent la construction du détriment associé à une exposition aux rayonnements ionisants. La gestion du risque associé à une exposition aux rayonnements ionisants s’appuie sur l’hypothèse prudente d’une relation linéaire sans seuil entre l’exposition et le risque de décès ou détriment. Une telle relation a été retenue dès 1966 dans les Recommandations générales de la Commission internationale de protection radiologique (CIPR) mais ce n’est qu’en 1977 que la CIPR a publié une première quantification du risque. La Commission a introduit le concept de dose efficace comme indicateur de risque, ce qui lui a permis ensuite de déterminer des limites de dose en s’appuyant sur une comparaison entre les niveaux de risques observés dans des secteurs d’activité jugés sûrs et le détriment – proposant ainsi une rationalisation du choix des valeurs limites au regard du risque associé. En 1990, une révision tant de la construction que de la quantification du détriment a été proposée. De nouvelles limites ont été adoptées en s’appuyant à la fois sur la quantification du risque et sur l’introduction du principe de tolérabilité du risque. L’optimisation de la radioprotection, visant à maintenir les expositions aussi bas que raisonnablement possible compte tenu des considérations économiques et sociales, fait l’objet d’une attention particulière. L’utilisation du détriment permet alors d’avoir recours à des outils économiques d’aide à la décision dans le cadre de la démarche d’optimisation en s’appuyant sur une quantification de la valeur monétaire de la vie humaine. Il convient cependant de noter que ce concept de valeur monétaire de la vie humaine, largement utilisé dans le domaine de l’économie de la santé dans les années 1980, a fait l’objet de nombreuses critiques et doit être utilisé avec précaution. Les dernières évaluations du détriment ont été publiées par la CIPR en 2007. Le détriment est donc un indicateur qui rend compte pour un individu moyen du risque de décès associé à une exposition aux rayonnements ionisants. Sa construction repose sur certaines hypothèses simplificatrices nécessaires à la mise en oeuvre d’un système robuste de radioprotection.
SORIN F – L’accident de Fukushima et ses conséquences. Faits, explications et commentaires. – Revue générale nucléaire, 03-04/2012, 2, 107117.
Disponible sur le site http://www.sfen.org
ZERBIB JC – La catastrophe de Fukushima. – Annales de l’Association belge de radioprotection, 2011, 36, 4, 201-212. (
BAYSSON H, ETARD C, BRISSE HJ et al . – Expositions radiologiques à visée diagnostique pendant l’enfance et risque de cancer : bilan des connaissances et perspectives. – Archives de pédiatrie, 01/2012, 19, 1, 64-73. (
H. Bayssona, , , C. Etardb, H.J. Brissec, M.-O. Berniera
a IRSN, DRPH, SER, laboratoire d’épidémiologie, BP17, 92262 Fontenay-aux-Roses cedex, France
b IRSN, DRPH, SER, unité d’expertise médicale, BP17, 92262 Fontenay-aux-Roses cedex, France
c Service de radiodiagnostic, institut Curie, 26, rue d’Ulm, 75005 Paris, France
Résumé : La question du risque de cancer associé à l’exposition médicale à visée diagnostique pendant l’enfance est particulièrement pertinente face à l’utilisation croissante des examens radiologiques, notamment des scanners, en pédiatrie. Les enfants représentent en effet une population particulièrement sensible aux rayonnements ionisants, caractérisée par une radiosensibilité de certains tissus accrue par rapport à celle des adultes et une espérance de vie longue, avec pour conséquence une probabilité plus élevée de développer un cancer. Cet article dresse un bilan de l’exposition des enfants aux rayonnements ionisants liée aux actes de diagnostic médical en France et propose une synthèse des études épidémiologiques sur le risque de cancer à long terme. Au total, à partir des résultats de 12 études cas–témoins et 6 études de cohortes analysées dans cette revue, il n’a pas été mis en évidence d’association significative entre l’exposition médicale à visée diagnostique pendant l’enfance et le risque de cancer. Les limites méthodologiques de ces études sont discutées. Le risque de cancer attendu étant faible, seules des études de grande taille, avec une longue période de suivi et des données dosimétriques de qualité seront capables de le mettre en évidence. Des études de cohortes portant sur plusieurs milliers de patients exposés au scanner pendant l’enfance sont actuellement en cours dans le cadre du projet européen EPI-CT. Parallèlement, la poursuite des efforts pour réduire les doses et le nombre des examens radiologiques dans l’enfance est toujours nécessaire, en respectant le principe as low as reasonably achievable (ALARA) en imagerie pédiatrique.
Revues
Special issue : U.S. response to the Fukushima accident. – Health physics, 05/2012, 102, 5, 481-600.
Contents et abstracts disponibles sur le site http://journals.lww.com
Rapports
European Commission – Radiation protection 172 : Cone beam CT for dental and maxillofacial radiology. Evidence based guidelines. – 03/2012, 154 p.
Disponible sur le site http://ec.europa.eu